PIC PÉTROLIER .net - Info et Discussions sur le “peak oil”

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Prix de l’essence: taxes ou subventions?

 

Publiée la semaine dernière sur le site du Financial Times (et repris sur The Oil Drum), voici une intéressante comparaison entre les pays qui taxent de façon importante l’essence à la pompe et les pays qui subventionnent ou imposent des prix “plafond”.

Une carte indique également les endroits où ont lieu des manifestations pour protester contre les prix de l’essence.

Je reproduis ici une image:

Prix de l'essence

Voyez l’animation complète sur FT.com

 

Le tremblement de terre en Chine ressenti jusqu’ici?

 

Je n’ai rien senti vous dites? Attendez voir!

Suite aux dégats considérables aux infrastructures énergétiques et industrielles des provinces de  Sichuan, Gansu et de la municipalité de Chongqing, c’est pas moins de 22 mines de charbon qui ont été fermées, 396 centrales électriques endommagées, des dizaines de barrages aussi endommagés obligeant les autorités à drainer plusieurs grands réservoirs, des puits de pétroles et de gaz naturels également fermés, des industries chimiques et pétro-chimiques fermées. Résultat: les importations de pétrole brut et de charbon devrait encore une fois augmenter de façon considérable à très cours terme. Déjà, pour les 4 premiers mois de l’année, par rapport à 2007, la hausse des importations de brut atteignait les 10%.

Ceux qui s’attendait à une correction et une baisse du prix du baril en raison d’une croissance réduite (voir nulle) aux US et dans l’OCDE en général, et une hausse de la production en Arabie Saoudite prévue pour juin de 300k/bj en auront plein les dents! Au moment d’écrire ces lignes, le baril WTI vient de franchir un nouveau record (encore!) en cours de séance à 129,46$US.

Petit conseil: au moment de préparer votre budget pour les vacances d’été, planifiez avec en tête un litre d’essence à 1,50$!

 

L’OPEP en baisse de production en Avril!

 

Malgré les appels au calme d’Abdalla Salem El-Badri, le Secrétaire Général de l’OPEP, la production le l’OPEP est en baisse pour le mois d’avril de 392kb/j par rapport au mois de mars. Les baisses les plus importante ont eu lieu au Nigéria (251kb/j), en Irak (104kb/j), en Arabie Saoudite (37kb/j), en Iran(34kb/j) et au Venezuela (21kb/j).


Tableau tiré de la page 35 du rapport (pdf - 60 pages), que vous pouvez télécharger en suivant ce lien.
OPEC - Monthly Oil Market Report

 

L’arrêt temporaire de la course aux réserves

 

Je disais hier que la course aux réserves de pétrole entre la Chine et les États-Unis était bel et bien commencé. La Chine vient d’avoir un petit coup de pouce du Sénat américain puisque celui-ci vient d’ordonner au président Bush de cesser les achats stratégiques de milliers de barils par jour par le gouvernement. Ces achats vont normallement s’ajouter à la “réserve d’urgence”, la Strategic Petroleum Reserve.

Les républicains et les démocrates ont fait valoir que cela ne faisait aucun sens de remplir les réserves à 120$/baril puisque ça contribuait à augmenter la demande, et le prix. On pense que ces barils seraient mieux utilisés s’ils étaient ajoutés à l’offre pour ainsi contribuer à une baisse de prix. Le vote a été gagné à 97 contre 1!

Tant mieux se disent les chinois!

 

Le litre d’essence à 1,39$

 

Quel est donc la raison de la hausse du prix de l’essence cette fois?

Selon cette spécialiste, ce serait la spéculation, en fait pas vraiment. Ce serait surtout de petits événements, dont les arrêts de production au Nigéria (causé par des attaques de la guérilla du MEND - Movement for the Emancipation of the Nigerian Delta) qui seraient la cause de la “volatilité” des marchés, par conséquent du coût de l’essence à la pompe. Enfin, il y a aussi la baisse des stocks qui inquieterait:

«L’effet de la spéculation est très important», affirme Joëlle Noreau, économiste au Mouvement Desjardins.

Plusieurs événements qui se produisent un peu partout sur la planète peuvent avoir un impact. Ces dernières semaines, la montée du prix du baril est notamment expliquée par les perturbations de production au Nigéria.

«Le pétrole produit dans ce pays est très prisé, donc il y a une hyper-sensibilité», assure Mme Noreau. D’autres inquiétudes quant à la baisse des stocks mondiaux alimentent aussi la bulle spéculative.

Article complet sur Cyberpresse ici.

En fait, ces économistes ne disent que des demis-vérités! Peut-on dire les choses telles qu’elles sont? Cet hyper-sensibilité sur les marchés est surtout dû à la crainte de voir les producteurs incapables de rencontrer la demande, ou carrément la peur d’avoir atteint le pic pétrolier, le fameux “peak oil”. Pourquoi une baisse de 500,000b/j aurait autant d’impact , si ce n’est que parce que justement, personne d’autre ne semblerait en mesure de combler cette perte de production.

Avec les récentes données sur la Russie qui se voit incapable d’augmenter sa production depuis le début de l’année, avec le report, encore une fois, de la mise en production du champs de Kagashan au Kazakstan, le monde se jette sur tous ce qui est vendu. La Chine, l’Inde, le Brésil, mais aussi nombre de pays à croissance économique élevée, dont les producteurs eux-mêmes, viennent compétitionner avec les États-Unis et l’occident pour acheter l’énergie nécessaire à leurs ambitions.

La spéculation? Faut pas prendre le symptôme pour la cause! Peu importe le nombre de fois où un baril change de main entre le moment où il est extrait et le moment où il est rafiné. Si quelqu’un est prêt, au bout du voyage en pétrolier, à acheter ce baril à ce prix là, c’est que la course aux dernières ressources est bel et bien commencée!

 

Consommation d’eau et de céréales : la spéculation n’est pas le seul coupable des pénuries

 

Spéculation, sous-investissement, tensions géopolitiques; tout y passe quand vient le temps pour un économiste ou un chroniqueur d’expliquer la hausse du prix bu baril de pétrole. Lorsque vient le temps d’expliquer la hausse spectaculaire du prix des denrées alimentaires, on revient au prix de l’énergie, à la forte demande, aux conditions météorologiques, etc. Rarement fait-on mention de notre mode de consommation.

Dans cet article, Philippe Béchade amène un élément de réponse trop souvent ignoré: l’eau!

Et quand on commence à donner du grain au bétail, afin que ce dernier nous fournisse de la viande et du lait, les chiffres deviennent carrément surréalistes : il faut 11 000 litres d’eau pour produire ce qu’il y a de viande de bœuf dans un T-Bone (350 à 400 grammes de viande), de 2 000 à 4 000 litres d’eau pour que les mamelles d’une vache puissent produire un litre de lait. Le fromage ? Comptez une tonne d’eau par camembert de 250 grammes.

Article complet ici:
http://www.la-chronique-agora.com/articles/20080508-867.html